Carrières du Bager : commentaire sur quelques propos tenus (ou tus) le 31 juillet 2014


CR CM 31-07-2014
Extrait de la transcription des débats du conseil municipal du 31 juillet 2014

Les débats qui ont eu lieu en conseil municipal le 31 juillet 2014 à propos de la réalisation d’études portant sur la création de carrières, débats consultables dans le précédent billet de ce blog, appellent un certain nombre de commentaires.

Deux « avertissements » préalables. En premier lieu, et ce ne sera une révélation pour personne, il peut arriver que les élus qui prennent la parole, en raison de la présence de la presse, du public… et parfois même de leurs collègues ne disent ni tout ce qu’ils savent, ni tout ce qu’ils pensent. Il faut savoir en second lieu que le compte-rendu est relu avant d’être envoyé aux conseillers municipaux, relu par le maire… auquel il peut arriver de gommer, avant diffusion, un passage embarrassant. Mais analysons le texte tel qu’il est parvenu jusqu’à nous.

La localisation du projet : les débats du 31 juillet n’amènent aucune précision. Bernard Uthurry demande bien d’ « adjoindre des cartes pour que nous sachions où on est et pour que nous puissions croiser ces cartes avec des zones qui sont ou des zones Natura ou des zones humides ». Il aurait pu lui être répondu qu’à partir du moment où la numérotation des parcelles figurait dans le projet de délibération, il lui suffisait de consulter le cadastre et le règlement du plan local d’urbanisme pour être mieux informé. Il n’a pas eu cette curiosité. Dommage.

Le niveau d’information des conseillers municipaux : au cours de la séance du conseil aucun élu municipal ne s’inquiète de l’endroit où est situé projet. À aucun moment non plus le Bager n’est cité. Deux hypothèses : soit les conseillers municipaux savaient tous de quoi il retournait et n’avaient donc pas besoin d’autres explications, soit – et c’est malheureusement le cas dans bien des conseils municipaux – ils se sont contentés de suivre leur chef de file de la majorité ou de l’opposition, sans chercher à en savoir plus sur la question. Personnellement, je penche pour la seconde hypothèse.

La promesse de compléments d’information : Hervé Lucbéreilh s’engage : « … le 16 septembre (2014), nous demanderons à Monsieur Costanzo (le patron de GC Conseil) de venir ici en séance plénière pour vous présenter le métier de manière plus précise et les cartes, pour que nous voyions ensemble la situation exacte et les sites que Monsieur Costanzo souhaiterait pouvoir exploiter ». Cet engagement n’a jamais été tenu. Comme souvent ?

La précédente municipalité déjà saisie : Bernard Uthurry le confirme. Tout en précisant qu’elle n’avait pas donné suite en raison « d’imprécisions et particulièrement sur l’impact environnemental de ce type d’exploitation ». Question : cela revient-il à dire que tous les ponts avaient été alors coupés avec GC Conseil ou bien cela signifie-t-il que la municipalité précédente était dans l’attente de précisions de GC Conseil pour poursuivre les discussions ? En tout cas cela semble indiquer que la municipalité précédente n’allait pas jusqu’à cautionner le projet, comme cherche à le faire croire aujourd’hui le patron de GC Conseil…. et le nouveau maire d’Oloron.

GC Conseil à la fois juge et partie : Hervé Lucbéreilh se veut rassurant : « Pour l’instant, la délibération ne nous engage en rien, simplement, elle nous permettra éventuellement de bénéficier d’une expertise sur ces terrains-là ». Questions : peut-on apporter tout crédit à une expertise réalisée par le futur exploitant ? N’aura-t-il pas intérêt à gommer ou à tout le moins à minimiser tous les inconvénients (environnementaux en particulier) qu’elle pourrait révéler ? De quelles capacités d’expertise va se doter la commune pour vérifier le sérieux de l’étude de GC Conseil et s’assurer que les intérêts des Oloronais sont bien protégés ?

Les limites de l’engagement de la commune : Oloron est quand même bien plus engagée que ne le laisse entendre Hervé Lucbéreilh. Si ce dernier avait été, par principe, défavorable à l’exploitation de carrières au Bager, il lui suffisait d’une chose : annoncer d’entrée de jeu à GC Conseil qu’il refusait de lui vendre les terrains. Le dossier aurait alors été refermé immédiatement et on n’en parlerait plus. Ce n’est pas le cas.

Et l’on pourrait encore longtemps poursuivre l’analyse des propos tenus par Bernard Uthurry et Hervé Lucbéreilh le 31 juillet 2014. Propos qui au final suscitent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Il reste à souhaiter que lors du prochain conseil municipal le dossier soit remis sur la table, au besoin par le biais d’une « question orale » déposée par un élu de la majorité ou de l’opposition, comme l’autorise la loi et le précise le règlement intérieur du conseil municipal. L’occasion pour chacun d’entre nous d’être mieux éclairé sur les intentions et la position des uns et des autres vis-à-vis de ce projet.

4 commentaires sur « Carrières du Bager : commentaire sur quelques propos tenus (ou tus) le 31 juillet 2014 »

  1. toujours pareil nos chers Politiques se renvoient la balle ! comme pour tout a Oloron ! voir le contournement d’Oloron etc … ! faut -il 60 ans pour étudier un projet ? marre de ce manque de décisions !

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    1. C’est un peu l’image de la patate chaude, que l’on se refile de l’un à l’autre pour s’en débarrasser. Mais dans le cas présent, j’ai le sentiment que la patate est plus brûlante dans les mains de Lucbéreilh que dans celles d’Uthurry.
      Ah, s’il s’agissait d’un projet qui fait le consensus, croyez bien qu’ils ne se renverraient pas la balle (ou la patate, pour continuer sur l’image du début) mais qu’ils essaieraient de la garder pour eux !

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  2. Ton travail d’analyse est remarquable Joël. Merci beaucoup pour tous tes articles dont je me délecte.
    Je ne dirai pas que j’attends avec ferveur le suivant, mais je suis tout impatient lorsque je me prépare à te lire 🙂

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    1. Je mentirais si je disais que ce type de commentaire me laisse de marbre ! Merci André. Quant aux prochains articles sur le dossier que tu défends avec tant de fougue avec ton équipe, ils viendront… dès que le maire ou le porteur du projet auront décidé de sortir du bois (c’est une image, bien sûr !)

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