La volée de bois vert administrée par deux universitaires au maire d’Oloron et à son « adjoint » à la Culture


colloque-international-aragon-bearn-1« Recevez, Monsieur, l’expression très mesurée du respect que vous vous croyez dû ». Fallait-il qu’elle soit vraiment en colère, cette universitaire, professeur émérite à l’Université de Toulon, pour conclure ainsi une lettre adressée à notre « adjoint » à la Culture le 26 mai dernier. Et encore ! Je reproduis là le passage le moins sévère vis-à-vis de notre « adjoint ». Dans le même temps, l’un des collègues de cette universitaire, universitaire lui aussi, professeur émérite à l’Université de la Sorbonne-Paris n’était pas en reste, en concluant une lettre adressée ce même 26 mai à notre maire par des propos dont le respect pour ce dernier m’interdit de rapporter la teneur ici.

Qu’ont donc fait nos deux édiles pour mériter cette volée de bois vert de ces deux hauts intellectuels ? Les deux courriers, que j’ai pu consulter, en livrent l’explication. Au mois d’octobre dernier, Monsieur le maire et son « adjoint » reçoivent deux membres d’une revue de renommée internationale, Modèles Linguistiques. Qui leur présentent le projet d’organisation à Oloron d’un colloque international ayant pour thème : « Aragon-Béarn : des siècles de voisinage ».

Ce colloque accueillera des professeurs et chercheurs Français, Belges et Espagnols, tous hispanistes spécialistes dans le domaine de l’histoire, de la sociologie, de la linguistique et de la littérature. Pas mal pour une petite ville comme la nôtre.

Ceux qui connaissent notre maire savent qu’il peut se montrer plein d’enthousiasme pour ce type de projet. Et jamais en veine de promesses à l’égard de ses interlocuteurs. Ce fut le cas ici. Un espace dédié à vos rencontres ? L’auditorium de la Villa Bourdeu vous est ouvert. Une subvention pour boucler le budget de votre manifestation ? Aucun problème, l’aide financière de la mairie vous est acquise et je fais également mon affaire de l’obtention d’une subvention du Conseil général.

Conquis par cet accueil chaleureux et forts des assurances données par le maire et son « adjoint », nos universitaires finalisent le montage de ce colloque fixé d’un commun accord aux 16, 17 et 18 juillet dans le cadre de la programmation « Osez les musées ». Mais à partir de cette rencontre du mois d’octobre et malgré de multiples relances durant ces dernières semaines, le maire et son « adjoint » sont aux abonnés absents à chaque fois que les organisateurs tentent d’entrer en contact avec eux.

L’un des universitaires finit au mois de mai dernier par forcer la porte de l’ « adjoint ». Qui lui annonce que finalement l’auditorium Bourdeu n’est pas disponible et qu’il ne faut pas compter sur une aide financière. Il va même jusqu’à suggérer à ce distingué professeur émérite d’ouvrir une buvette pour couvrir les frais du colloque !

Résultat des courses : nos élus se sont totalement décrédibilisés. Mais le colloque aura bien lieu. À Navarrenx (cf photo en tête de ce billet), où les organisateurs ont su trouver auprès de la municipalité une écoute plus attentive, et une mise en œuvre plus efficace.

Moralité : dirigeants d’associations porteurs d’un projet, ne vous en tenez pas aux « paroles verbales ». On prête au regretté (pas de tout le monde) Charles Pasqua cette formule : « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Demandez – avec courtoisie – à ce que les promesses que pourraient vous faire vos élus soient confirmées par un écrit. Cela risque de vous éviter bien des désillusions sur l’implication de la ville dans la concrétisation de votre projet.

4 commentaires sur « La volée de bois vert administrée par deux universitaires au maire d’Oloron et à son « adjoint » à la Culture »

  1. par cette canicule, c’est bien de nous mettre l’eau à la bouche, mais qui va étancher notre soif (de savoir) et communiquer ces 2 lettres brulantes!!!!!!!

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    1. Il suffit d’en demander une copie à l’un et à l’autre des deux destinataires. Je suis sûr qu’ils se feront un plaisir de vous les communiquer !
      Et si tel n’était pas le cas, je m’efforcerai d’en distiller quelques passages.

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  2. Loin de moi l’idée de mettre en doute vos sources. Je m’interroge cependant sur les raisons qui ont amené votre informateur à vous communiquer les courriers auxquels vous faites allusion.
    Question subsidiaire : l’auditorium de la villa Boudeu dépend-il de la commune d’Oloron ou de la CCPO? Monsieur le Maire se serait-il emballé en faisant une proposition qu’en tout état de cause il ne prouvait tenir ?
    Et quand bien même cela serait le cas ne pensez-vous pas que la ville aurait, sur ses propres ressources pu organiser une telle manifestation?
    Ceci étant, l’absence de réaction de « l’adjoint » à la culture ou de Monsieur le Maire tendrait à montrer que le sujet importe très peu pour eux. Ou qu’il est difficile de trouver une excuse valable.

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    1. N’étant ni psychologue ni devin, je suis bien en peine pour vous donner les raisons qui ont poussé mon informateur à me transmettre ces informations. Peut-être a-t-il tout simplement voulu partager son écœurement face au mépris dans lequel ont été tenus ces universitaires.
      Pour ce qui est de votre question subsidiaire : j’avoue mon ignorance sur le nom de la collectivité ou de l’organisme qui a en charge la gestion de l’auditorium Bourdeu. Mais je vais me renseigner.
      Cela étant, bien sûr que la non-disponibilté de cet auditorium n’est qu’un prétexte.
      Enfin, s’agissant de l’absence de réaction du maire et de l' »adjoint » : je pense que le maire a déjà balayé ce dossier de sa mémoire et qu’il est déjà passé à d’autres promesses… qu’il ne tiendra pas davantage; quant à l’adjoint, je l’ai aperçu lors du festival de jazz, mais il a soigneusement évité de croiser mon regard, ce qui fait fait que nous n’avons pu engager le dialogue.

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