Gestion municipale : il a bon dos, l’héritage


HéritageÇa ne loupe pas, dès qu’un maire – de quelque bord qu’il soit – ou l’un de ses adjoints se trouve confronté à une situation délicate, il fait appel au mot magique : l’héritage. Je peux vérifier l’exactitude de cette affirmation chaque fois que j’assiste à une séance du conseil municipal d’Oloron.

Les impôts augmentent ? C’est la faute de nos prédécesseurs qui ont laissé les finances locales dans un état catastrophique. Les équipements se dégradent et nous n’engageons pas de nouveaux investissements ? C’est la faute de nos prédécesseurs qui ont creusé une dette abyssale que nous ne pouvons pas continuer à augmenter. Un effectif de fonctionnaires pléthorique ? C’est la faute à nos prédécesseurs qui se sont livrés à un clientélisme sans limite etc. etc.

Ces élus qui se retranchent derrière l’héritage pour justifier tout ce qui ne marche pas dans la commune sont soit des hypocrites, soit des incompétents. Au choix.

Hypocrites si, parfaitement informés de la situation de la commune dès la campagne électorale, ils n’en ont pas moins ajouté les promesses aux promesses tout en sachant bien qu’une fois élus ils se trouveraient dans la totale incapacité de les tenir.

Incompétents si, alors qu’ils avaient toute latitude pour s’informer de la situation de la commune dès la campagne électorale, ils ont manqué des connaissances techniques suffisantes pour l’analyser avec pertinence…. se laissant alors aller à des engagements et à des promesses inconsidérées.

Hypocrisie ou incompétence, à la limite cela a peu d’importance pour le citoyen-contribuable : au final, c’est lui qui paiera la note. Et c’est sans doute fort de ce constat qu’il est de moins en moins dupe du bien-fondé de ces chamailleries majorité/opposition sur le prétendu héritage. Le citoyen-contribuable préfèrerait mille fois que nos élus assument leurs responsabilités sans chercher en permanence à rejeter sur le camp d’en face la cause de leurs propres inconséquences.

Et ici s’achève pour aujourd’hui la leçon de morale politique !