Un maire qui s’affiche au côté des intégristes de l’association Civitas


Udt-Civitas-2015-avantConseil municipal ce 17 juin. La question de la non-reconduction de sa subvention à l’association Terre de Mémoire(s) et de Luttes arrive sur le tapis. Le maire reste ferme sur ses positions : « … ces gens-là font de la politique ». L’opposition n’attendait que ça. Robert Bareille brandit au nez des conseillers la copie de l’annonce de l’université d’été de Civitas qui se tiendra du 30 juillet au 2 août prochain.

Pour ceux qui n’en auraient jamais entendu parler, Civitas se présente comme « une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France ». Le mot « reconquête » qui figure ici n’est pas choisi au hasard. Très en vogue dans les milieux de l’extrême-droite, employé ici à dessein par Civitas, la Reconquista désigne la reconquête de l’Espagne par les chrétiens sur les musulmans.

Thème général de l’université d’été de ce groupe de catholiques intégristes : « Pour une France catholique, reconquérir l’échelon local ». Au nombre des intervenants : Hervé Lucbéreilh, qui y est présenté avec sa qualité de maire. Hervé Lucbéreilh qui aura en charge la co-animation d’un atelier sur le sujet suivant : « Diffuser les idées catholiques dans un projet municipal ».Udt-Civitas-2015-arrière - Copie

L’opposition n’aurait rien trouvé à redire (quoi que…) si Hervé Lucbéreilh avait participé à ce rassemblement à titre personnel. Mais y faire apparaître sa fonction municipale, ça ne passe pas : « Comment peut-on diffuser des idées catholiques dans un conseil municipal ? ». La réponse du maire se veut un rien provocante : « Pourquoi pas ? » Mais il se sent sur un terrain glissant et entame un repli stratégique quelque peu confus.

Hervé Lucbéreilh affirme dans un premier temps qu’il a lui-même découvert sa participation en prenant connaissance de l’affiche de la manifestation. Tel un Richard Virenque agissant à l’insu de son plein gré, il n’était pas au courant. Puis, trente seconde après, il annonce à l’assemblée qu’en fait il a adressé le matin même une lettre à Civitas pour indiquer qu’il ne se rendrait pas à cette université d’été. Dont acte… jusqu’au prochain coup de théâtre.

Pas question de porter ici une appréciation sur les convictions intimes d’une personne, même si on ne les partage en rien. Encore faudrait-il que cette personne s’exprime à titre individuel. Quand elle fait état de sa charge élective, elle est la représentante de tous les Oloronais. Dont l’écrasante majorité ne pense certainement pas comme elle dans ce cas d’espèce et attend d’un premier magistrat qu’il fasse preuve dans l’exercice de ses fonctions d’une totale neutralité à l’égard de toutes les religions.