La subvention d’une association oloronaise sucrée pour raison politique


CaptureAu moment du vote du budget, le débat dans les conseils municipaux cristallise souvent sur l’octroi des subventions. Les conseillers municipaux peuvent parfaitement s’écharper durant un quart d’heure sur l’attribution de 300 € à telle association…. et accepter sans la moindre discussion le vote d’un crédit de 300 000 € pour un aménagement dont l’intérêt échappe à beaucoup.

À Oloron, rien de tel en 2015. Quelques escarmouches mises à part, le vote de l’ensemble des subventions (127 associations bénéficiaires pour un total de 750 000 €) a été adopté en moins de cinq minutes. Qui plus est par un conseil municipal unanime, s’il faut en croire la délibération prise à cette occasion. Donc sans que l’opposition ait trouvé à y redire. Et pourtant…

Au moins une association oloronaise s’est fait sucrer sa subvention qui passe de 1 313 € en 2014 à 0 € en 2015. Pourtant elle existe toujours et ne s’est pas mise en sommeil. Cette association, c’est Terre de Mémoire(s) et de Luttes, qui s’est donnée pour mission, entre autres objets, de défendre la mémoire des Républicains espagnols, mais aussi la mémoire ouvrière dans notre ville.

Interrogé par La République sur les motifs de cette suppression, le maire donne une explication lapidaire : « … ces gens-là font de la politique ». Quand on sait que les horreurs de la guerre civile espagnole ont des responsables dans les deux camps, on peut certes trouver que l’association a une conception très manichéenne des choses (les gentils Républicains d’un côté contre les odieux franquistes-fascistes de l’autre). Mais quand on considère l’histoire de notre cité depuis 1936, peut-on nier qu’il y ait un intérêt local à défendre la mémoire de ces émigrés Républicains ?

À moins que pour Monsieur le maire « faire de la politique » se résume à ne pas penser comme lui ou, pire, à en dire du mal. Mais tant que des personnes ne s’expriment pas au nom de l’association dont elles font partie ni en son sein, mais en leur nom propre et à l’extérieur, où est le mal ?

Et puis où est la logique de ce mouvement d’humeur ? Suppression de la subvention mais poursuite de la mise à disposition d’un local municipal ? De deux choses l’une : ou Terre de Mémoire(s) et de Luttes présente un intérêt municipal et peut bénéficier de la subvention et du local ; ou le maire considère qu’elle a un objet politique et il faut alors qu’il lui retire immédiatement le local qu’il met gracieusement à sa disposition sinon il rompt l’égalité entre les citoyens en favorisant l’expression d’une opinion politique au détriment de toutes les autres.

Que nous enseigne cette polémique clochemerlesque qui sent avant tout le règlement de comptes ? Qu’à Oloron comme en bien d’autres villes l’octroi de subvention relève du clientélisme. On essaie grâce au versement de quelques centaines d’euros dont une bonne partie des associations bénéficiaires pourraient fort bien se passer d’acheter les bonnes grâces d’adhérents qui sont aussi souvent des relais d’opinion. Et essayez de sucrer sa subvention à une association dès que vous la lui avez accordée à une seule reprise…..