Scoop : Monsieur le maire d’Oloron est un adepte de la démocratie participative !

CESELChacun sait à Oloron combien Monsieur le maire, Hervé Lucbéreilh, se garde de toute promesse inconsidérée en faveur de tous les quémandeurs qui le sollicitent, quel soin il prend de consulter avant toute décision importante les personnes compétentes (élus, techniciens etc.) à même d’éclairer ses choix. En fait, tel un Monsieur Jourdain faisant de la prose sans le savoir, Monsieur le maire pratique la démocratie participative sans le savoir.

C’est en raison de cette ignorance qu’il a senti le besoin de créer une structure qui est destinée à prouver aux Oloronais combien il est soucieux de les associer au plus près aux projets qui les concernent. Cette structure sera mise en place le 11 avril prochain. Elle portera le nom de Conseil Économique, Social et Environnemental Local (CESEL).

Composé de citoyens choisis par le maire, ce conseil aura pour vocation de rendre un avis sur les questions dont Monsieur le maire voudra bien les saisir. Il pourra aussi décider de s’autosaisir de certains sujets. De beaux rapports couronneront ses travaux.

Personnellement, ayant quelque expérience du fonctionnement des élus (mais Hervé Lucbéreilh est sans doute une exception), j’ai le plus grand mal à croire en leur conversion à la démocratie participative. Ils ont en effet la conviction d’être des guides ayant pour mission de montrer au peuple ignorant quelles sont les bonnes orientations d’une politique municipale. Pourquoi dans ces conditions s’embarrasseraient-ils d’avis qu’ils jugent nuls par avance ?

Pour se donner bonne conscience, ou pour se dédouaner de toute suspicion d’autocratisme, ils condescendent à créer ce genre de machin, de comité Théodule, de conseil. Je crains donc qu’il en soit ainsi en l’espèce. Par masochisme, à moins que ce ne soit par idiotie, et en dépit de tout ce qui précède, j’ai fait acte de candidature pour faire partie de ce CESEL. Si Monsieur le maire la juge digne d’être retenue, je pourrai évaluer sur pièce la pertinence de mes craintes.

L’argent du contribuable gaspillé place de la Résistance

Nids-de-poule, flaches, faïençages, bien des rues d’Oloron sont dans un piètre état. La municipalité s’essaie par-ci par-là à réparer les dégâts. Les deux photos qui ouvrent ce billet présentent les deux réfections les plus récentes. La différence de qualité entre ces deux prestations parle d’elle-même.

La première photo a été prise dans la rue Palassou qui a fait l’objet d’une reprise totale en enrobé. Ce type de revêtement est une garantie de qualité et de longévité. Avec lui, on est tranquille au bas mot pour une bonne vingtaine d’années. Inconvénient : le coût des travaux est relativement important.

La seconde photo a été prise place de la Résistance. Il s’agit là d’un revêtement bien moins coûteux à base de gravillons et de goudron. Problème : sa durée dans le temps est bien plus incertaine. Nul doute qu’à la prochaine canicule (elle finira bien par arriver) le goudron va commencer à fondre. D’ici peu, l’état de la voie et du parking de la place seront donc revenus à leur état pitoyable initial. Des travaux pour rien et, par voie de conséquence, l’argent du contribuable dépensé en pure perte.

J’ai récemment eu l’occasion de faire part de mon interrogation sur ce gaspillage à Monsieur l’adjoint délégué aux travaux. Il m’a répondu que la Ville avait en projet une requalification (encore une !) de la place de la Résistance : réfection, élimination du kiosque, liaison entre la place et le parking Sestiaa par une passerelle au-dessus du gave etc. Le replâtrage actuel n’est donc qu’une solution provisoire dans l’attente de cette rénovation totale.

Quand je lui ai demandé si l’état des finances de la Ville permettrait d’inscrire ces grands travaux à un prochain budget, Monsieur l’adjoint aux travaux s’est contenté de lever les yeux au ciel. Traduction de ce langage gestuel : ce n’est pas demain la veille. Conclusion : les tonnes de goudron et mètres cubes de gravillons épandus sur place et parking n’auront servi à rien car l’opération sera très vite à recommencer. Voilà des économies qui finiront par coûter cher.

La rue Louis-Barthou, friche commerciale

Friches commerciales rue Louis BarthouDescendre à pied la rue Louis-Barthou, un lundi matin, par temps de pluie qui plus est, a de quoi rendre neurasthénique le plus grand optimiste. Boutiques à louer, vitrines aveugles ou borgnes, espaces commerciaux à vendre n’en paraissent alors que plus nombreux.

Le collage qui ouvre ce billet rassemble sur une même photo neuf de ces devantures en mal d’activité. J’aurais pu sans peine multiplier par deux sinon par trois le nombre d’images. Ce qui fut autrefois la rue la plus commerçante de la ville est de plus en plus désertée par la clientèle…. et pour cause.

J’ai cru comprendre qu’un candidat (heureux) aux élections municipales de 2014 avait prévu dans son programme l’achat par la ville de plusieurs locaux en déshérence afin de les reconvertir en pépinières commerciales. Encore faudrait-il que les propriétaires soient prêts à vendre et…. que la commune ait les deniers voulus pour se lancer dans ce genre d’investissement. Ni l’une ni l’autre de ces conditions n’étant réunies, autant dire que ce n’est pas demain la veille que la rue retrouvera son animation.

Cela étant, Oloron vit ici, et ce n’est pas d’aujourd’hui, la désertification du centre-ville que connaissent toutes les autres cités de France. Le développement des zones commerciales en zone périphérique, plus facilement accessibles en voiture, l’essor pris par le commerce en ligne en sont la cause.

Pourquoi dans ces conditions payer des bureaux de conseil et autres sociologues à rédiger de belles études sur des projets de redynamisation commerciale condamnés par avance, études qui de toute façon, sitôt remises, gagneront le fond d’un tiroir ou le haut d’une étagère qu’elles ne quitteront plus ?