Les salariés de chez Lindt ne veulent pas finir chocolat


Chocolaterie LindtCe matin vers 10 heures, en balade du côté de Goès, j’entends au loin pétards et cornes de brume. Les occasions de manifester étant plutôt rares sur Oloron, une seule explication me vient à l’esprit : ça doit venir de chez Lindt, Lindt où les salariés sont en grève depuis près d’une semaine, faute de voir leurs revendications salariales satisfaites.

Vers 11 heures, toujours à pied, je traîne du côté de la chocolaterie. Une dizaine de personnes stationnent devant l’entrée. Certaines jettent des pétards allumés sur les pelouses ou dans les poubelles. À trente mètres de là, le magasin d’usine tourne à plein régime.

Des revendications salariales sont donc à l’origine du conflit. S’il faut en croire les résultats publiés par le groupe en matière de croissance, de bénéfices, de dividendes distribués aux actionnaires, Lindt est une société prospère, très prospère. Les salariés considèrent que les augmentations de salaires qui leur sont proposées par la direction sont loin de représenter la part qu’ils prennent dans cette prospérité par leur travail.

Si l’on réalisait un graphique mettant en perspective toutes ces courbes (croissance, bénéfices, dividendes…. et salaires), on verrait qu’ils ont raison, mille fois raison. Mais ce type de raisonnement doit marcher dans les deux sens : si les trois premières courbes viennent à décroître, il faut qu’il en soit de même pour les salaires. Moralité : si les salariés de Lindt ne veulent pas finir chocolat quand ça va bien, il faut aussi qu’ils acceptent de boire la tasse quand les affaires de l’entreprise se gâtent.