Jean Lassalle, député d’Oloron, distribue son argent de poche


Logo_de_l'Assemblée_nationale_françaiseJean Lassalle est un garçon atypique dont l’attitude et le parcours sortent des sentiers battus, au sens propre comme au sens figuré. Conscient de cela, il prend soin de cultiver cette image, que ce soit sur son terroir du Béarn ou au sein de l’Assemblée nationale en sa qualité de député de la circonscription d’Oloron.

Comme tout député de base (les vice-présidents de l’Assemblée et le président ont droit à un traitement de faveur), Jean Lassalle bénéficie d’une enveloppe annuelle de 130 000 € dont il dispose quasi librement pour dispenser le bien autour de lui. Cette enveloppe provient de la « réserve parlementaire ».

« Par la réserve, les parlementaires soutiennent des investissements de proximité décidés par des collectivités locales et des activités menées par des associations », précise le site de l’Assemblée nationale. Depuis l’an dernier, tout citoyen un peu curieux peut savoir comment son député utilise les 130 000 € mis à sa disposition. Il lui suffit pour cela de se rendre sur le site Internet de l’Assemblée nationale.

Jean Lassalle est-il aussi atypique dans la distribution de la part qui lui est dévolue qu’il l’est parfois dans ses postures à l’égard de tel ou tel dossier ? Rendez-vous sur la page qui le concerne. On peut y voir que Jean Lassalle a fait 15 heureux. Député basco-béarnais, il a pris soin de répartir sa manne de façon quasi équitable entre la partie béarnaise (61 000 €) et la partie basque (69 000 €) de sa circonscription.

Son fief de la vallée d’Aspe n’a pas à se plaindre de la générosité de son élu : il lui a distribué un tiers (41 000 €) de sa réserve à Aydius(30 000 € pour un multi-services), Cette-Eygun (8 000 € pour des travaux de voirie), à l’Écomusée de la Vallée d’Aspe (1 000 € pour l’exposition « des femmes de bergers aux femmes bergères ») et à l’association Montan’Aspe (2 000 € pour l’organisation de courses à la montagne). Quant au reste, il a la plupart du temps été consacré au soutien financier d’équipements communaux : des travaux à la mairie de Buzy (10 000 €), la rénovation du Trinquet d’Irissary (20 000 €), le réaménagement de la mairie de Susmiou (10 000 €) etc.

Seule petite fantaisie : Jean Lassalle a attribué 5 000 € au club de rugby de Mauléon pour….. l’achat de maillots. Ce qui fait cher le maillot et semble s’éloigner quelque peu des principes qui devraient présider à la destination de cette réserve parlementaire. Pour le reste, notre député s’est comporté ni plus ni moins comme la plupart de ses collègues : du saupoudrage en prenant soin de privilégier sa terre natale, terre d’élection, la vallée d’Aspe en l’occurrence.

13 commentaires sur « Jean Lassalle, député d’Oloron, distribue son argent de poche »

  1. « Saupoudrage » territorial pour des initiatives qu’il a voulu encourager, comme la plupart de ses collègues dites-vous. Regardons-y de plus près : cela peut vouloir dire aussi qu’il y a beaucoup de causes à soutenir, donc beaucoup d’initiatives à tous niveaux (social, culturel, sportif, d’urgence aussi…) ! N’y a t-il pas autre chose à fouiller dans la répartition de cette réserve parlementaire ? Je pense que tous les parlementaires qui, à l’image de Jean Lassalle, distribuent équitablement leur réserve (pas toujours aux mêmes !) ne font qu’appliquer la déontologie qu’on attend d’eux. Mieux vaudrait traquer les subventions hors-région ou pour des projets fumeux et/ou non réalisés (proches donc d’un dévoiement d’argent public », voire d’une suspicion de blanchiment (cf ce qu’on a pu pointer en Corse de la part d’un député du continent). Eve

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    1. Je me suis attaché au cas Jean Lassalle tout simplement parce que c’est le député de ma circonscription. Mais, vous avez dû le noter, il n’y a rien de critique ni d’ironique dans mes commentaires.
      La réserve parlementaire est, je le maintiens, une occasion pour nos élus de faire du saupoudrage. Ce faisant, ils ont davantage de chances de faire plaisir à un maximum d’électeurs. Ce n’est pas malhonnête. C’est simplement faire œuvre d’un soupçon de clientélisme.

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      1. Vous omettez la qualité qu’on attend d’un élu : la proximité. Cette réserve parlementaire est faite pour « complèter ou corriger » les manquements des subventions publiques qui vont moins « dans le détail » et peuvent de ce fait négliger les « petits projets ». L’élu de terrain peut, grâce à cette réserve parlementaire, non pas arroser l’électeur (qui de toutes façons est bien peu reconnaissant !!!), mais répondre à des besoins très divers et très sensibles de son terriroire. J’ai bien compris que votre commentaire n’était pas critique, mais il verse dans la défiance malheureusement trop répandue du « tous clientélistes » et ça me gène, en ce qui concerne J Lassalle, qui a prouvé, il me semble, son ouverture d’esprit et son sens de l’intérêt général non ?

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  2. Depuis les Romains au moins, le clientélisme est une constante est l’une des constante du monde politique. Savez-vous combien de communes compte la circonscription de Jean Lassalle ? 221 (oui, deux cent vingt et une) ! Notre député (et il en est de même pour tous les autres) n’a ni les compétences, ni les moyens de dégager à cette échelle les projets communaux ou associatifs qui méritent le plus de bénéficier de sa malheureuse réserve parlementaire de 130 000 €. Qui pensez-vous qu’il a tendance à privilégier dans ces conditions ?

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    1. Sur les 5 ans d’une mandature, on peut quand même aider une bonne part des petits projets : dans le cas de Jean Lassalle, on peut estimer que 75 projets seront donc aidés, soit 1/3 des communes si tant est qu’elles ont chacune un projet d’intérêt collectif à soumettre à la générosité de leur député – nous savons tous que toutes ces 221 communes n’ont pas un projet à aider… ). Bien entendu, le clientélisme existe mais pourquoi TOUJOURS aller dans le sens du « populisme » et ne pas reconnaître le positif de la démarche. En ouvrant la porte au scepticisme, vous laissez de côté l’urgence à vérifier :
      1° que les projets aidés ont bien été tous menés à terme
      2° les « faux projets » assimilables à du blanchiment n’ont pas permis à des élus indignes de la République d’arroser non pas des électeurs, mais des copains…

      Vous conviendrez avec moi que Jean Lassalle n’est pas dans ces cas limites !

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      1. 1/ Votre démonstration est implacable. Si vous consultez la répartition 2013 de Jean Lassalle, vous verrez que malheureusement ne tient pas tout à fait la route (parfois attribution dans les mêmes communes, parfois dans des communes…. hors de la circonscription)
        2/ A priori le financement des projets ne peut être sujet à soupçon : c’est en effet l’État qui se charge des vérifications, et du versement

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        1. Alors ce qui serait intéressant, c’est de lister les contributions qui n’étaient pas « honnêtes » ou logiques. Liste non exhaustive pour 2014 :
          – 10 000 euros, distribués à un club de pétanque de Zonza (Corse-du-Sud) situé à 1.200 kms de la circonscription de M PUPONI député PS d’une circonscription (Sarcelles) qui ne manque pas de besoins en « bonnes oeuvres.. .
          – 50.000 euros généreusement attribués par Philippe Marini, sénateur UMP de l’Oise à une association hippique présidée par sa propre épouse au détriment d’autres associations à vocation sociale…
          – 2O.OOO euros alloués par Philippe Adnot (chèque le plus généreux de sa réserve) à son propre village de Rhèges, havre de paix de 200 âmes…
          – la non vérification des statuts, existences réelles et utilisations des fonds par les « associations » bénéficiaires …

          TOUT CELA EST POUR MOI INADMISSIBLE ET À MA CONNAISSANCE VALIDÉ PAR LES AUTORITÉS QUI SONT COMME VOUS L’INDIQUEZ, SENSÉES CONTRÔLER (DONC RÉGULER) CETTE RÉSERVE !

          Je pense donc qu’on ne doit pas se tromper de combat : commençons par ne plus permettre les dérives d’attribution de l’argent du contribuable (idem pour les réserves ministérielles -sans aucune base légale et sans garde-fou- qui ne bénéficient qu’aux « ami(e)s » (ex : le fils de Claude Guéant en Morbihan ou Bernadette Chirac)….
          Ensuite et seulement ensuite, nous pourrons discutailler de l’utilisation des fonds par le député de base, qui essaie vaille que vaille, d’aider les associations et actions qui lui semblent utiles à son territoire ou à une cause essentielle à la cohésion sociale ou patrimoniale de sa région.
          Mais, en démocrate, j’admets que vous puissiez être d’un avis contraire.

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  3. Supprimons ce type d’aide, ça réglera le problème et écartera au moins sur ce point toutes les suspicions. Seul obstacle : c’est au Parlement de décider de la suppression d’une mesure dont chaque élu tire peu ou prou profit. Autant dire, populisme à part, que ce n’est pas à la veille d’arriver

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  4. Vos commentaires étant fort documentés et pertinents, j’ose tout juste faire part de mes réflexions. Si je compte bien, élu député en 2002 il distribue sa 13° cagnotte, soit quand même, en supposant que les montants soient restés constants, 1,5 million d’euros (à multiplier par plus de 500 députés!!!!!!).
    Sur des subventions qui n’ont pas d’autre contrôle que leur déclaration, il y a quand même de quoi faire quelques heureux, et vous ne m’empêcherez pas de le penser, quelques reconnaissants.
    On est quand même là dans le royaume de l’arbitraire et du copinage. Reconnaissons qu’il est dérangeant de se dire que cette répartition se fait sans que nous sachions ce qui préside au choix de l’élu : mérite de la commune ou de l’association? connaissance personnelle du demandeur? implantation géographique? racolage plus ou moins passif?
    Moi je veux bien que l’on ne remette pas en doute l’honnêteté du généreux donateur, mais en acceptant ce système, on entretient un sentiment de toute puissance, une pompe à reconnaissance, et on finit par avoir des élus qui pensent en toute bonne foi que l’on peut acheter un bien personnel avec des indemnités de député, remonter un sens interdit pour gagner du temps, bref que les lois que l’on vote sont destinées au commun des mortels, et que lorsqu’on est élu on a un statut spécial.
    La Démocratie sortirait grandie de réformes qui annuleraient de tels passe-droits, interdiraient le cumul de mandats, les limiteraient à un ou deux mandats successifs.
    Un peu de rêve dans ce monde gris, non?

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    1. Je partage votre avis. Le souci premier de l’homo politicus est de se créer des obligés qui sauront le moment venu renvoyer l’ascenseur. Mais il leur arrive d’être très déçus : dans ce monde-là, l’ingratitude existe aussi.
      Pour ce qui est du montant de subventions distribué par Jean Lassalle, difficile à dire. Lui-même le sait-il ? Ce qu’il faut savoir, c’est que cette règle de répartition d’une enveloppe égale pour tous les députés de base est de création toute récente. Auparavant, c’était l’opacité la plus totale avec une seule certitude : les députés de l’opposition n’avaient que des miettes quand ceux de la majorité bénéficiaient de la plus grosse part du gâteau

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  5. JLassalle a des défauts mais celui de la corruption qui connait une ampleur notoire dans le monde politique français n’a pas atteint Jean Lassalle. Réjouissons nous des quelques perles rares qui pourraient faire du bien à la France. Au lieu de critiquer sans rien faire, si nous avons des idées pertinentes , reprochons-nous de JLassalle pour l’aider et palier à ses défauts par nos propres qualités. Il nous y appelle réellement . Qu’attendons-nous?? Adhérons à l’association qu’il a créé avec les français qui le désiraient ; qu’il a crée pour permettre à  » la base » de s’exprimer et de prendre des responsabilités ! Ce n’est pas tous les jours qu’un député met un tel outil à notre portée et à notre service, non? Autre solution: proposons-nous pour soutenir sa campagne ! Au choix!! Mais arretons de critiquer les bras croisés, levons-nous de notre fauteuil !

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  6. JLassalle a des défauts mais celui de la corruption qui connait une ampleur notoire dans le monde politique français n’a pas atteint Jean Lassalle. Réjouissons nous des quelques perles rares qui pourraient faire du bien à la France. Au lieu de critiquer sans rien faire, si nous avons des idées pertinentes , reprochons-nous de JLassalle pour l’aider et palier à ses défauts par nos propres qualités. Il nous y appelle réellement . Qu’attendons-nous?? Adhérons à l’association qu’il a créé avec les français qui le désiraient ; qu’il a crée pour permettre à  » la base » de s’exprimer et de prendre des responsabilités ! Ce n’est pas tous les jours qu’un député met un tel outil à notre portée et à notre service, non? Autre solution: proposons-nous pour soutenir sa campagne ! Au choix!! Mais arretons de critiquer les bras croisés, levons-nous de notre fauteuil ! !

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