On vit vieux à Oloron !


Rue Sophie d'ArretQui situe la rue Sophie d’Arret à Oloron ? C’est le nom donné à la voie qui, dans le quartier Notre-Dame, relie la rue de Sègues à la rue Navarrot. Elle dessert tout au plus trois habitations. La plaque de rue (photo) apposée à son entrée nous apprend que Sophie d’Arret était nommée la « Sévigné béarnaise » et qu’elle a vécu de 1710 et 1816.

Pourquoi la « Sévigné béarnaise » ? Parce que Sophie d’Arret de Crouseilhes, baronne de Dombidau, a adressé un grand nombre de lettres à son fils, Pierre de Dombidau, né en 1792 rue Justice, futur ministre, député et sénateur, alors que celui-ci était en pension en Seine-Maritime entre ses 9 et 17 ans. Dans ces lettres, publiées en 1866, elle lui prodiguait moult conseils et lui narrait les évènements de la vie quotidienne dans notre petit coin de Béarn.

Problème ! Pierre est né en 1792. Or sa mère est née d’après la plaque en 1710. Elle l’aurait donc eu à âge de 82 ans ? De surcroît, les dates portées sur la plaque (1710-1816, je le rappelle) tendraient à nous laisser penser que Sophie a atteint l’âge respectable de 106 ans. Pas mal pour une époque où l’espérance de vie s’établissait autour de 40 ans !

Il y a donc une erreur quelque part.
Les sites de généalogie sont en la matière d’un grand secours. Grâce à l’un d’entre eux, j’ai pu retrouver sur l’acte de naissance de notre « Sévigné ». Elle est née le 19 janvier 1770 dans le quartier Sainte-Croix.

Curieux qu’aucun élu ou technicien de la municipalité ne se soit interrogé au moment de la confection de la plaque puis de sa pose sur l’âge qui était prêté à Sophie ! Parce que, tant qu’à honorer une personne, autant être exact et ne pas se contenter de faire dans le pseudo-culturel.

2 commentaires sur « On vit vieux à Oloron ! »

  1. Votre remarque,comme à votre habitude fort pertinente, fait revenir à la surface de ma mémoire une question que j’avais posée à une habitante de cette rue. Déjà à cette époque, j’ignorais tout de l’histoire de Sophie DARRET. J’avais été surpris, et pourquoi le cacher, dubitatif quant à la longévité du personnage. Mon interlocutrice m’ayant confirmé les dates, je me satisfaisais de sa réponse, sans autre forme de procès. Il aura fallu votre esprit curieux, votre méthode exemplaire, pour démontrer de façon indéniable que, décidément, je suis bien naïf, et qu’en matière d’information, il faut savoir vérifier ses sources.

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    1. Votre appréciation me va droit au cœur. Mais votre réaction est celle de la majorité silencieuse : voir une erreur, la réprouver, mais laisser faire ou laisser dire. Normal qu’Éric Zemmour considère que notre pays part à vau l’eau

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