Le combat perdu du libraire d’Oloron


En haut de laLibraire2 rue Révol, une affiche apposée sur la porte vitrée de la librairie. On peut y lire en gros caractères : « Dans libraire il y a libre ». Oui, comme dans « libraire » il y a « braire ». Mais trêve de mauvais esprit.

Écrite en plus petit sur l’affiche, une phrase complète ou commente, comme on voudra, ce slogan-choc : « Les libraires indépendants donnent du choix aux lecteurs ». Ah bon ? Notre choix serait donc menacé lorsque nous préférons recourir aux services des sites en ligne style Amazon, lorsque nous achetons des livres d’occasion via Priceminister, lorsque nous téléchargeons un livre numérique, lorsque nous empruntAffiche libraire1ons un ouvrage à la médiathèque de la communauté de communes ?

Les petites épiceries ont disparu de nos quartiers au profit de la grande distribution. Les petits commerces subiront à terme le même sort. Il suffit de considérer chez nous ce qu’est devenue la rue Louis Barthou. Le cri des petits libraires n’y changera rien. Ils sont eux aussi condamnés à terme, à Oloron comme ailleurs.

2 commentaires sur « Le combat perdu du libraire d’Oloron »

  1. Et ben si c’est pas de la pensée positive ça… Chacun chez soi, chacun au fond de soi, chacun devant un écran à commander à distance. Elles sont belles nos entrées de villes avec partout les mêmes enseignes. Et si justement il fallait résister à ça ? Non, même pas un peu ? Bien sûr que le choix existe sur Amazon ou Priceminister. Mais allez chez un petit libraire c’est une autre démarche, c’est affirmer que le monde peut être multiple, que les citoyens peuvent parler et échanger entre eux. Sinon à quoi bon parler démocratie ?… Et encore moins participative. Parce que pour que le petit commerce (et les petites librairies) ne ferment pas, il faudrait accepter de sortir de chez soi, de marcher un peu (c’est vrai que la rue Barthou est au bout du monde…), de « perdre » un peu de temps à chercher des références moins connues et différentes de « l’office » (une technique de distributeur du livre)… Et quand au locaux vides, il faudrait aussi qu’au lieu de les laisser pourrir (il faut visiter pour voir les dégâts !) en proposant des prix ou des loyers justes délirants pour une ville comme Oloron, les propriétaires misent sur le développement, ce qui à terme leur coutera moins cher qu’un local qui se dégrade à vitesse grand V. Aimer son territoire, c’est y participer. Agir local, penser global. Je sais à peu près de quoi je parle ayant dans ma besace un projet où le livre aura sa place…

    PS : de plus la politique salariale d’Amazon mérite tout à fait d’être soutenue. Comme celle de Priceminister (une seule génération d’âge).

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    1. Désolé de ne pas avoir répondu plus tôt, mais, allez savoir pourquoi, votre commentaire était parti en spam d’où je viens de l’exhumer. Votre cri du cœur en faveur du petit commerce est tout à fait respectable.Mais comment redonner aux consommateurs l’envie de retourner en centre-ville pour acheter, plus cher, ce qu’ils trouvent sur internet et qui leur est livré sans qu’ils bougent de chez eux ? Je n’ai pas la réponse. Mais celui qui réussira à redynamiser la rue Louis Barthou méritera à coup sûr sa statue, de son vivant, au niveau de la Caisse d’Épargne.

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